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" Que c'est bien d'être, mais l'important c'est de devenir " A.Bourdelle
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Mais qu’est ce qui a changé ?


Posons nous la question : 

Autrefois, l’adolescence se passait-elle différemment ?

Non !… Même questionnements, même mal être, même excitation, même enthousiasme, même envie de franchir les limites …

D’après François Dubet (professeur de sociologie):

« Ce sont nos institutions  qui ont changé : l’école, l’Eglise, la famille, la vie sociale. »
C’est la façon dont nous nous occupons d’eux, le rapport que nous avons avec l’autorité vis à vis de ces adolescents qui a changé.


Autrefois dans ces institutions telles que l’école, l’Eglise, la société, la famille, l’autorité s’inscrivait au nom d’une valeur sacrée. Le professeur, le prêtre, le policier, le père, incarnait l’autorité.

Celle-ci était fondée sur la valeur de la représentation de la personne, son statut à lui seul faisait office d’autorité. Aujourd’hui, l’autorité est basée sur des valeurs personnelles.

 

On assiste, par exemple, dans certains lycées, à une perte d’autorité des professeurs sur l’élève.

En analyse de pratique, je constate régulièrement combien le professeur ne se sent plus légitime pour exercer cette autorité ! La fonction n’ayant plus valeur : on trouve tout sur internet !

C’est alors la personne qui est évaluée par l’élève, voir de plus en plus souvent par le parent.

 

Dans les familles tout est devenu négociable, la norme est devenue négociable, ce qui insécurise énormément nos adolescents.

Le débat d’idée en famille s’est installé, l’écoute, la prise en compte des émotions, l’empathie vis à vis de nos enfants, leur ont donné la place qu’ils méritent amplement !

Cependant, n’a t-on pas oublié que le parent est bien là pour donner le chemin, pour cadrer une vitalité qui manque un peu d’expérience !

N’a t-on pas oublié que faire preuve d’autorité c’est faire grandir !

 

Parfois, Il ne serait pas inutile, de rétablir la phrase :« parce que c’est comme ça »,sous entendu : « fais moi confiance : je sais »

Dans les Eglises, on ne peut nier l’attrait des communautés traditionnelles auprès des jeunes. Communautés qui s’organisent autour d’une vie où la règle a toute sa place, où l’obéissance n’est en rien signe de soumission.

Le nombre de jeunes moines ou moniales engagés extrêmement jeunes posent question à une église, qui pendant de longues années, a eu un discours peut être trop flou, pas assez clair, pour ces jeunes en quête de repères, en quête d’une autorité structurante.

(Que dire aussi à cette jeune catholique venue au point écoute, m’annoncer son désir de se convertir à l’islam : « les femmes y sont plus respectées ») ?

Quel discours tenir face aux lycéens dont un des jeux favoris et de dealer au nez et à la barbe de la police … « on s’en fout, on est mineurs ! ».

Que dire à ces jeunes à qui on parle d’engagement civique en allant voter, qui nous répondent « tous pourris ! »

 

Interrogeons nous :

  • Qu’est ce qui fait que, comme le dit Philippe Mérieux : «  Les enfants et les jeunes s’assujettissent volontairement à des formes d’autorité bien plus dures que celles qu’ils récusent par ailleurs. La modernité ne se caractérise pas par une crise de l’autorité mais par une montée extraordinaire des phénomènes d’emprise »

  • Comment adapter nos institutions à cette nouvelle donne qui est que ce n’est plus la fonction qui fait autorité ?

  • Comment restaurer dans nos institutions une autorité qui soit désireuse de tirer vers le haut, qui fasse confiance au potentiel, au désir de beau, de bon de chacun de ces jeunes. 

 

Une autorité respectueuse de ce en quoi ils croient, ayant le souci d’accompagner leur rêve, de les aider à poser des choix, d’apprendre à renoncer et à la contester …

Oui le monde change, il « s’uberise » (économie collaborative). Nous prenons conscience que nous avons peut être un rôle plus actif, plus coopératif, à proposer au sein de ces institutions. Une nouvelle forme d’autorité est à mettre en place : » Une autorité dont la conception ne serait plus théocratique ou mimétique, mais démocratique » (P. Mérieux).
 

Claire Deprey – Conseil conjugal et familial – Strasbourg – 06 62 50 74 32


 

 

Eclore -  Réseau de conseillères conjugales et familiales - d'éductrices à la vie affective, relationnelle et sexuelle
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